© Copyright 2010 Juliette Nadaud     -     Tous droits réservés

La rédaction de ce roman m'a permis de déjouer et de contenir la dépression – et la régression - causée par les douze refus que m'ont adressés les éditeurs alors qu’"Archéologie du zéro" n'était encore qu'à l'état de manuscrit. Il fait basculer la fiction de l’autre côté du miroir que forme le cercle qui entoure le vide, et par quoi est transcrit le zéro. En toute logique, il débouche donc sur un monde en négatif : le "moins un".

Dans le vertige de ce voyage à rebours, de cette plongée dans un univers où se perd progressivement l'usage de la lecture et de l'écriture, il tente l’expérience d'une quête des origines pour partir à la recherche de l'événement fondateur - la naissance du Christ -, plaque tournante du calendrier à partir de laquelle se partagent les jours en négatif d'un côté, et en positif de l'autre. Ce roman reprend la métaphore d'une remontée du cours de l’écriture, comme on remonterait ligne à ligne jusqu’à la première lettre et, bien au-delà encore, jusqu'à l'absence qui la précède (Cf. "L’Enluminure", revue "Minuit"). Si l’écriture représente bien la figure linéaire du temps tel qu’il s’étire au fil des pages, "L'Envers du temps" essaie, dans un effort désespéré et mortifère, d'en atteindre l’origine, à savoir l'événement qui lui a donné naissance, de parvenir au déchiffrement de ce à partir de quoi s’est mise en place une vocation d’écrivain.