© Copyright 2010 Juliette Nadaud     -     Tous droits réservés

La gestation de cette autobiographie fictive s'est étendue sur presque dix ans. J'en avais d'abord situé le propos à l'époque contemporaine, pour coller au plus près à la réalité. Mais ce qu’il y avait en germe dans le style, d’emblée très classique, avec un tour déjà XVIIe, et ce qui pouvait apparaître outrecuidant dans le propos m'ont incité à faire un détour et à en projeter le récit au temps de la Fronde. C'est ainsi que, sous l’influence du cardinal de Retz, les barricades de 1968 ont été remplacées par celles de 1648.

L'enjeu de ce livre se situe dans la lignée de "L'Armoire de bibliothèque" et de "Les Années mortes". Mais, cette fois, j'ai essayé de repousser encore plus loin les limites de la "tache aveugle" pour remonter jusqu'à cette scène où je me revois tenir pour la première fois un porte-plume entre mes doigts et me laisser subjuguer, en traçant ronds et bâtons, par le surgissement magique de l'écriture sur le papier, comme on assiste à l'apparition d'une personne très chère, dont on ne peut s'empêcher de tomber amoureux, alors même qu'on ne sait pas encore que, le temps venu, elle deviendra votre "maîtresse" et qu'on va s'attacher à elle pour la vie.