© Copyright 2010 Juliette Nadaud     -     Tous droits réservés

"L’Iconoclaste" fait écho à la nouvelle du même nom parue dans "Voyage au pays des bords du gouffre", sans qu'il y ait par ailleurs de véritable lien entre les deux. Le titre seul, et l'atmosphère où elle baigne, ont dû faire leur chemin. L’histoire de la Querelle des images, qui a sévi de 725 à 846 dans l'Empire romain d'Orient, met en scène, à partir d’une documentation historique avérée, la folie destructrice qui s'est emparée des empereurs de Byzance à l'égard des icônes, alors que la défense de celles-ci sera majoritairement assurée par les femmes.

A partir des arguments du débat théologique tel qu'il était mené à l'époque, très vite on s'aperçoit que l'iconoclasme, en plus de donner libre cours à une violence irrationnelle, destructrice et haute en couleurs, si ce n'est proprement romanesque, jette les bases d’une réflexion plus générale sur l’image et les pouvoirs de la représentation, déborde sur d'autres questions comme celle du fantasme, et donc sur l’interdit de voir et de donner à voir. Qu'est-ce donc que les iconoclastes ne veulent pas voir ? Et qu'est-ce qui, au fond, ne peut être vu ? De telles questions font de manière inévitable écho à ce point d'éblouissement déjà évoqué dans "La Tache aveugle" (qu'est-ce qui ne peut être écrit ?) ainsi que dans "Archéologie du zéro" (Qu'est-ce qui ne peut être pensé ?). "L'Iconoclaste" serait ainsi le pendant, par rapport à l'activité artistique et picturale, de ces deux précédentes mises en évidence d'un centre vide, du "trou noir" d'où procèdent, et autour duquel continuent ensuite de tourner, l'imaginaire et la fiction.